TRIBUNE : « De Gaulle : une boussole pour la France »

TRIBUNE DE GAULLE Damien ABAD

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TRIBUNE – publiée dans l’Opinion le 10 novembre 2020

« Face à l’événement, c’est à soi-même que recourt l’homme de caractère. Loin de s’abriter sous la hiérarchie, le voilà qui se dresse, se campe et fait front. Non qu’il soit inconscient du risque ou dédaigneux des conséquences, mais il les mesure de bonne foi et les accepte sans ruse », écrivait de Gaulle dans Le Fil de l’Epée dès 1932.

Rien n’est plus français que de Gaulle et c’est pourquoi cet homme extraordinaire atteignait sa pleine mesure en temps d’orage, lorsque tout semblait perdu, ou quand la situation semblait inextricable. Rien n’est plus français que le sursaut du génie, dos au mur. Le général de Gaulle, visionnaire, constitue un idéal type, un modèle à atteindre en termes de courage, de résilience, de compétence, vers lequel chacun doit s’efforcer de tendre, politique ou non.

La France a besoin d’un chef et de chefs. « La difficulté attire l’homme de caractère, car c’est en l’étreignant qu’il se réalise lui-même » ajoutait le général dans ses Mémoires de guerre. Les crises actuelles doivent être transformées en opportunité, en moyen, pour permettre aux Français de caractère de se réaliser, de faire front et de prendre leurs responsabilités. Sans la débâcle de 1940 et la demande d’armistice du 17 juin, sans le précipice de la guerre civile en 1958, il n’y aurait pas eu de Gaulle. L’homme de caractère, ce peut être le président de la République, un ministre, un maire, mais aussi un soignant, un chef d’entreprise, un militaire, un magistrat ou encore un policier. Le caractère, définit par de Gaulle comme « vertu des temps difficiles », n’est pas lié au métier.

De Gaulle nous a aussi appris ce qu’est la défense des intérêts de la France face aux menaces qui pèsent sur elle, extérieures ou intérieures. Il nous a appris le courage et la constance face aux pressions, aux difficultés, aux habitudes, aux normes et aux dogmes. Il nous a appris la défense de la France pluriséculaire, de l’Etat, et des Français, avant tout autre chose, coûte que coûte.

Chemin. De Gaulle nous a appris à sortir des sentiers battus, à être libres et indépendants. Il nous a appris la pédagogie, l’importance des mots, la juste mesure et non le en même temps, en économie comme en politique étrangère, mais aussi l’adaptation, le mouvement, l’agilité.

De Gaulle nous a enfin appris qu’après les périodes de fortes tempêtes, vient le temps où l’unité nationale peut être restaurée et où tout peut être reconstruit. À condition de faire preuve de caractère quand le bateau tangue.

« De Gaulle nous a appris la pédagogie, l’importance des mots, la juste mesure et non le en même temps, en économie comme en politique étrangère »

Alors que notre pays fait aujourd’hui face à une triple crise, sanitaire, économique et sécuritaire, et que des jours sombres semblent se profiler dans chacun de ses domaines, les leçons que nous offre le général sont plus que jamais d’actualité, pour tous.

Utilisons donc ce que sa vie nous enseigne. Alors que le commandement a en partie failli ces derniers mois, alors que la peur de décider, de déplaire est parfois devenue reine, alors que les blocages entraînés par la bureaucratie et le mode de réflexion administratif ont freiné la mise en place de réponses efficaces sur la situation sanitaire, mais aussi sur les questions d’islamisme radical et de terrorisme, apprenons de de Gaulle, dressons-nous, faisons face avec force et agilité, en dépit des pressions et des difficultés.

Cinquante ans après sa mort, de Gaulle reste une boussole pour la France. Lorsque nous sommes égarés ou que nous hésitons, les actes et les mots du général indiquent toujours le chemin à prendre.

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