CONFERENCE DE PRESSE : Rapport de la commission d’enquête COVID-19

LR commission d'enquête COVID_19

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Ce matin, j’ai présenté en conférence de presse en tant que Vice-Président de la commission qu’enquête sur la gestion de la crise COVID-19 les conclusions du rapport des travaux de la commission d’enquête, aux côtés de mon collègue rapporteur Eric Ciotti, et de mes collègues députés JJ Gaulter, JP Door, Julien Aubert et Josiane Corneloup (excusée). 

Cette commission d’enquête, que les députés LR ont demandé à la sortie du 1er confinement, avait pour objectif d’analyser la gestion de la crise dans toutes ses composantes, afin d’en tirer des leçons et des propositions pour que plus jamais la France ne soit si désarmée face à une crise épidémique d’une telle ampleur. Depuis le mois de juin, nous avons auditionné des ministres, des experts, des cadres de la santé publique, de nos hôpitaux, et nous avons réalisé un travail minutieux d’études chiffrées, de faits, d’analyses croisées. 

La particularité de cet rapport est qu’il recherche davantage des solutions que des coupables , et qu’il apport un certain nombre de propositions. Nous avons fait un travail constructif, un travail prospectif, et un travail aussi rétrospectif, extrêmement important. Et nous constatons un certain nombre de choses très éclairantes sur les défaillances du « tester – tracer- isoler »

D’abord, un manque d’anticipation et une sous-estimation du risque pandémique par la hiérarchie. Nous constatons aussi une baisse des stocks stratégiques avec bien-sûr notamment la question des masques. En particulier, les messages contradictoires sur les masques ont considérablement affaibli la capacité de résilience sanitaire de la France : le port du masque est conseillé et proposé en tout cas, soutenu par la Chancelière dès le 15 avril en Allemagne. En France c’est le 20 juillet. 3 mois plus tard. 3 mois de trop, 3 mois qui ont des conséquences sur la diffusion et la circulation du virus, extrêmement importante bien-entendu. 

Nous avons constaté un pilotage interministériel extrêmement tardif, et une déconcentration/ décentralisation de l’action sanitaire pas assez poussée.  C’est pourquoi nous proposons de transformer nos agences régionales de santé en agences départementales de santé sous l’autorité des Préfets, afin de mieux territorialiser l’action sanitaire. Nous voulons également qu’un ministère délégué chargé de l’anticipation des crises, rattaché directement auprès du Premier ministre pour planifier la réponse de la crise, élaborer la gestion des stocks et développer une culture de prévention des risques beaucoup plus forte qu’aujourd’hui. 

Ces retards à l’allumage et ce manque d’anticipation a eu un coût extrêmement important puisque nous avons pu dénoncer plus de 2 milliards d’euros de dépenses faites en Chine. Le pont aérien a couté 100 millions d’euros, et le prix des masques s’est envolé, passant de 3 centimes à 75 centimes mi-mars, notamment pour les masques chirurgicaux. 

Nous avons aussi constaté des défaillances sur la politique de tests. Des pesanteurs administratives, des lourdeurs bureaucratiques, un manque criant de réactivité et de déploiement des tests alors même que nous étions à la pointe de la recherche grâce à l’institut Pasteur.Ce qui explique que lors de l’entrée en confinement de la première vague, la France a testé 20 fois moins que l’Allemagne. À cela s’ajoute des problèmes de délais, puisque le délai recommandé de 24 heures entre le moment où vous réalisez le test et le moment où vous avez le résultat qui ont été largement dépassés. 

Sur la politique de traçage, et notamment sur la première application, l’application stop covid, nous avons constaté un coût de 6,5 millions d’euros pour simplement 300 alertes transmises. Sur ces 6,5 millions d’euros, 3 millions d’euros ont été consacrés à la communication. 

Ensuite nous constatons les grands oubliés malheureusement de cette crise sanitaire. L’une des grandes leçons de ce rapport est qu’effectivement on l’a dit, on l’a répété, notre système hospitalier a tenu mais a tenu au prix d’une déprogrammation massive. Et ces déprogrammations massives ont des conséquences sur la santé des français.  80% des actes en chirurgie ambulatoire n’ont pas été assurés et 59% des séjours de chirurgie pour enlever les tumeurs ont été annulées. Plus de la moitié des décès dans la 1ère vague ont eu lieu dans les Ephad, soit 22 000 personnes. Avant la crise il y avait 25% de personnes âgés de plus de 75 ans qui allaient en réanimation, on tombe en mars pendant la crise à 14% dans la moyenne nationale et même à 6 % en Ile de France. 

Pour conclure, je dirais que nous tirons trois grands enseignements de ce travail. 

1ère leçon : la France était mal armée et mal préparée face à une crise sanitaire majeure, que nous avons manqué de souveraineté sanitaire sur quasiment tous les sujets. 

2ème  leçon :  nous avons eu un pilotage de la crise défaillant, victime de lourdeurs  technocratiques et de pesanteurs administratives. 

3ème leçon :  c’est un système de soin qui n’a tenu qu’au prix de déprogrammations massives de soin, désastreuses pour la santé des Français, et de sacrifice de nos aînés dans nos EHPAD. 

Je veux vous redire que cette commission d’enquête, lorsque nous l’avions demandé, notre groupe Les Républicains n’avait qu’un seul objectif : plus jamais ça. 

Nous avons fait preuve dans ce rapport à la fois d’humilité, de constance, mais aussi d’une volonté très claire et affirmée, de dire qu’aujourd’hui le « statut co » n’est pas possible et que  nous avons un devoir de vérité, de transparence, et c’est ce devoir là que nous devons porter tous ensemble ici dans cette Commission. 

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